Infographie

Infographie

Une infographie peut être définie comme étant « tout graphisme produit par des moyens informatiques« .

Mais là, il s’agit d’une infographie, et non de … l’infographie, qui lui, est « le domaine des graphismes produits par des moyens informatiques« .

Le terme est donc utilisé tant pour faire référence à ce domaine d’activité, qu’aux productions elles-même. Vous comprenez maintenant pourquoi j’ai insisté pour vous définir préalablement le terme de « graphisme » (et les autres), car les « infographies » ne sont pas nécessairement toutes des « images » : ce sont d’abord et avant tout des « graphismes », donc, des productions de nature bien plus générique pouvant prendre des formes parfois inattendues !

Mais bon, restons réaliste quand même, dans la plupart des cas, il s’agit bien de production d’images par des moyens informatisés. Mais je l’ai quand même précisé car il serait artistiquement dangereux (pour l’imagination et la créativité elles-même) de limiter artificiellement le champ sémantique de tous ces termes.

Infographiste

Est considéré comme tel toute personne produisant des infographies. Cependant, n’est considéré comme tel que ceux ne produisant des graphisme QUE par ce moyen, sinon, ce ne sont que de simples graphistes n’utilisant l’informatique qu’accessoirement comme outil pour leur travaux.

En France, et, plus généralement, au niveau international, les ordinateurs n’ont aucun droit (excepté celui d’être acheté et vendu) et ne sont donc pas considérés comme étant des créateurs, des artistes et, par conséquent, des infographistes (ils n’ont donc aucun droits sur « leurs » œuvres/compositions/infographies). En revanche, leur programmeur, lui, peut être considéré comme étant un infographiste si ces programmes génèrent des « infographies » (donc, un programmeur peut parfois être considéré comme étant aussi un infographiste).

S’il existe donc une multitude de métiers liés à l’infographie, de nos jours (2012), et depuis déjà une 15ène d’années, le métier d’infographiste est principalement reconnu comme appartenant aux métiers de l’imprimerie et nécessitant la maitrise d’outils et de connaissances précises (mise en page, infographie vectorielle et retouches d’images matricielles, … – nous y reviendrons). Ceci est dû au fait que, de plus en plus, les imprimeries sont informatisées et utilisent des chaines de production presque numériques de bout en bout (mais aussi du fait qu’ils sont plus nombreux que les autres corps de métier et que l’informatique est historiquement liée intimement à l’imprimerie…).

Cependant, ceci ne reflète pas la réalité du vaste univers professionnel de l’infographie dans lequel se trouve des infographiste n’ayant parfois aucun rapport avec le secteur de l’imprimerie (et qui n’en sont pas moins pour autant des infographistes professionnels à plein temps !). Ceci étant entendu, ce terme « d’infographiste » étant très générique, on lui préfèrera, dans certain domaines, des termes soit plus généralistes, soit, au contraire, plus spécifiques. Par exemple, dans les domaines artistiques, on préfèrera souvent parler de « graphistes » alors que dans les secteurs du jeu vidéo, on aura tendance à sur-qualifier les métiers en parlant, par exemple, de modeleurs 3D ou de spécialiste des textures.

Mais en définitive, la définition initiale reste valide pour toute personne produisant, par quelque moyen que ce soit, des graphismes de manière informatisée !

Les champs d’application

Le champ des possibles

Mais attardons nous, justement, sur quelques unes de toutes ces possibilités qu’offre l’infographie selon cette définition – plus large qu’elle n’y parait au premier abord.

Déjà, il s’agit de « production ». Autrement dit, de création. Alors des questions commencent à émerger comme, par exemple, « Est-ce que la photographie numérique peut être considérée comme étant de l’infographie ? ». Alors là, attention : OUI, elle peut être considérée comme tel, mais NON, elle ne l’est pas puisqu’il s’agit d’abord et avant tout de photographie. Ceci est d’ailleurs vrai également avec la production chocolats, de cartes postales ou de cartes routières : en effet, même si ce sont des machines, informatisées le plus souvent, qui les produisent, et que, ces productions pourraient être considérées, dans leur aspect le plus générique, comme étant des graphismes, je vous le dis tout net : les chocolats industriels ne sont pas des infographies ! Le cas des cartes routières est plus pernicieux puisque, en effet, si elles ont été conçues informatiquement, elles sont bel et bien des infographies, mais, à proprement parler, ce sont d’abord et avant tout des « cartes routières » et ce, qu’importe leur procédé de conception/fabrication.

Donc, comme vous le voyez, il n’est pas nécessairement aisé de qualifier ce qui est, ou n’est pas, du ressort de l’infographie tellement ce domaine d’expertise est vaste, complexe, et, surtout, transverse à bien des domaines d’activités. Le plus simple étant de faire appel au sens commun en considérant le terme de « infographie » comme étant un terme générique à utiliser par défaut de terme plus spécifique.

Cependant, une toile peinte par un robot s’exécutant selon des données que le concepteur lui aurait fourni devrait, selon toute logique, être considérée comme étant une infographie, et non une simple peinture, du fait de l’utilisation de l’outil informatique (utilisé comme interface à la création/réalisation). Vous voyez donc que l’avenir nous réserve donc encore quelques surprises sémantiques !

Le champ du réel

Actuellement, l’infographie est utilisée dans de nombreux domaines nécessitant la représentation graphique d’informations, de données informatiques. C’est pourquoi il ne faut pas non plus se le figurer comme n’étant limité qu’à des domaines artistiques. En effet, la conception mécanique, l’architecture, les sciences statistiques, et tant d’autres encore, utilisent quotidiennement l’infographie comme outil de travail.

Nous l’avons déjà brièvement évoqué mais il est important de s’arrêter un instant sur une différence fondamentale qui est faite de l’outil informatique. En effet, il y a deux types différents d’utilisation faite de l’informatique en matière d’infographie. La première, que l’on connaît tous, est l’utilisation de logiciels-outils permettant la création d’infographies. La seconde est l’utilisation de programmes générant eux-même des infographies selon certaines données (cas des fractales ou des systèmes de visualisation de bases de données, de statistiques, …).

Ceci m’amène donc tout naturellement à postuler une autre distinction fondamentale à faire entre : l’univers de l’infographie dite 2D (c’est-à-dire, bidimensionnelle) et celui de l’infographie dite « 3D » (tridimensionnelle). Cette séparation n’est pas que sémantique ou conceptuelle mais bien réelle, profonde, technique, technologique, pratique. Bien que ces deux branches soient extrêmement liés l’une à l’autre (du fait de la production informatisée de graphismes), il est quand même nécessaire de bien les distinguer car leurs outils, leurs objectifs, leurs vocables, leurs normes, etc. sont réellement différents, tant dans leurs approches conceptuelles que dans leurs approches pratiques, technologiques, scientifiques, etc.

Cependant, on peut affirmer que l’infographie 3D, étant par nature, plus complexe que l’infographie 2D, elle lui est assujettie, et il est nécessaire de maîtriser, au moins en parti, les fondamentaux de l’infographie 2D avant le reste.

Il est également notable qu’actuellement, l’univers de la vidéo fait partie intégrante du secteur de cette activité. Bien que l’on préfèrera parler de « vidéo » plutôt que « d’infographie », ça n’en restera pas moins de l’infographie lorsque les outils seront informatisés (capture, traitement, montage, …).

2D / 3D / 4D

Ceci amène à ouvrir une rapide parenthèse (qu’il est bien impossible de refermer tellement le sujet est vaste) pour amorcer de manière un peu grossière la distinction entre toutes ces notions.
​ Bon, vous savez que notre réalité commune est constituée de 3 dimensions physiques (largeur, hauteur, et profondeur). Mais un savant fou nous a déjà démontré que le facteur « Temps » était, en soit, une dimension à part entière (certes, de nature un peu différente).

Bon, lorsqu’on parle d’infographie 2D, on pense que tout le monde comprends bien de quoi il s’agit : de graphismes bidimensionnels, d’images, de photos, …
​ Le problème vient de l’interprétation qu’il faut faire du terme 3D dans les divers secteurs de l’infographie.

Lorsque l’on parle de « infographie 3D », on parle en fait d’imagerie synthétique tridimensionnelle, d’images de synthèses si vous préférez. Donc, de la création d’univers artificiels. L’exemple le plus parlant étant sans doute celui des jeux vidéo.

Mais lorsque l’on parle juste de « 3D », actuellement (2012), l’on fait, plus vraisemblablement, référence à la stéréoscopie. C’est-à-dire, de l’émulation visuelle de la profondeur des graphismes (parce qu’on possède 2 yeux) et ce, qu’ils soient issus du cinéma, d’univers 3D synthétiques ou de toute autre chose ! En fait, on devrait plutôt parler de « stéréographie », de « graphisme stéréoscopique », ou encore « d’imagerie stéréoscopique », ou, plus simplement, de « stéréo », mais ce terme étant déjà collectivement attribué au domaines audio-phoniques on dit juste « 3D ». Là, il ne s’agit pas, à proprement parler, d’infographie car ces images 3D peuvent très bien être produites par des moyens tout à fait classiques, c’est-à-dire, sans aucun ordinateurs ou matériels informatiques.

Depuis quelques années déjà est apparu le terme « 4D ». Cette 4e dimension faisant référence à celle du « temps », au Temps lui-même (vous savez, celui qui passe, que l’on perd et que l’on ne retrouve jamais…). Mais qui dit 4D, dit aussi 3D + temps. Or, qui dit 3D ne dit pas nécessairement « infographie 3D » (mais peut vouloir dire « stéréographie » + « temps »).

Alors ce terme de 4D est assez peu usité du fait qu’il introduit un facteur que, sémantiquement, nous induisons naturellement dans les autres termes (2D et 3D). En effet, un film n’est rien d’autre d’un graphisme 2D + Temps, donc, de fait, en 3D ! Les jeux vidéos en 3D sont en fait en 4D puisqu’ils induisent, nécessairement, le facteur temps (ben oui, sinon, ce ne serait pas franchement amusant et donc, plus vraiment des jeux !).

Tout ça pour dire que le terme 4D est généralement réservé à l’infographie 3D orientée vers l’animation et, plus généralement, pour indiquer que le facteur temps y joue un rôle prépondérant.

On referme cette courte parenthèse mais sachez que nous reviendrons bien plus profondément sur toutes les différences fondamentales qu’il y a entre toutes ces notions qui sont de nature bien différentes les unes des autres !!!